LES AMIS DE LA CHAUTAGNE, DU CANAL, DU LAC, ASSOCIES POUR UN MEILLEUR ENVIRONNEMENT
LES AMIS DE LA CHAUTAGNE, DU CANAL, DU LAC, ASSOCIES POUR UN MEILLEUR ENVIRONNEMENT

ECHOS DE L'ASSEMBLEE GENERALE

DU 23 OCTOBRE 2021

 

 

 

Agir pour vivre, ici et maintenant

 

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 2021 RAPPORT MORAL

 

 

Pour ouvrir cette assemblée générale automnale qui marque le 20ème anniversaire d’ACCLAME, je voudrais une nouvelle fois vous remercier de votre soutien et de votre fidélité, car notre association ne vit et n’est efficace que par l’engagement de ses membres. Nous n’oublions pas les personnes qui pour différentes raisons n’ont pas pu être présentes parmi nous ce matin. Nous avons également une pensée pour nos parrains, Gilles Clément et Claude Lorius à nouveau récompensé ces derniers temps ? et nous gardons en mémoire le regretté Jean-Marie Pelt qui nous a soutenus dès l’origine de l’association.

 

Agir pour vivre, ici et maintenant, c’est l’invitation qui accompagne désormais le logo de l’association. Agir parce que la conservation, la protection et la valorisation de notre patrimoine naturel et bâti ne se feront pas sans un engagement fort de notre part, surtout en cette période où beaucoup d’incertitudes demeurent . Et agir pour vivre, d’une vie pleine, intense, épanouie, en harmonie avec la nature, les autres êtres vivants, les autres êtres humains. La qualité de notre vie en dépend puisque nous sommes en relation d’interdépendance : notre environnement n’est pas seulement un décor ou un ensemble de ressources à exploiter, mais aussi et surtout ce qui nous constitue et nous fait vivre.

 

Alors que les liens entre nous ont été distendus par la pandémie, faisons de l’année à venir un nouveau départ qui verra ACCLAME se renforcer grâce à des adhérents plus nombreux, motivés, optimistes, à l’écoute les uns des autres et des gens qui nous entourent. C’est dans cet esprit que nous allons porter nos combats avec, comme toujours, bienveillance et détermination.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Agir pour vivre, ici et maintenant

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ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 2021 RAPPORT D’ACTIVITÉ

 

Cette année encore, l’activité de l’association a été perturbée par la pandémie. Le Conseil d’administration s’est néanmoins réuni à 4 reprises, rencontres qui ont donné lieu à une entrevue avec la municipalité de Brison-Saint-Innocent à laquelle nous avons d’ailleurs écrit à plusieurs reprises (sur les travaux de consolidation de la falaise de la Colombière, sur la réglementation des piscines, sur le jardinet de Grésine). Nous avons également envoyé un courrier à la députée (sur le projet de loi Climat et Résilience) et au maire d’Aix-les-Bains (sur le devenir de la ZAC des Bords du lac). Parmi les autres sujets abordés en CA, notons le devenir du chemin de Corsuet, le projet de centrale villageoise, le partenariat avec une association aixoise, une présentation des O.R.E. (Obligations réelles environnementales), la prolongation du sentier Au fil de l’eau, le 20ème anniversaire de l’association.

 

Nous avons participé au comité de gestion de la ferme Gigot, au séminaire sur l’avenir du lac (vidéo conférence de restitution des différents ateliers qui se sont tenus sur le sujet), au Festival Natur’enjeux organisé par la FNE Savoie et au forum des associations à Brison-Saint-Innocent. Nous avons également déposé à l’enquête publique sur un forage d’eau potable à Brison-les-Oliviers.

 

Nous avons poursuivi nos activités habituelles : sauvetage des batraciens dans la baie de Grésine, entretien du jardinet de Grésine (jardin de la Clotilde), proposition d’articles dans le bulletin municipal de Brison-Saint-Innocent, qui ont d’ailleurs été repris dans le Bulletin de la FNE Savoie.

 

Enfin, l’association a reçu, avec d’autres associations et personnalités de la 1ère circonscription de la Savoie, la médaille de l’Assemblée nationale, de la main de la députée Typhanie Degois, mettant ainsi à l’honneur leur contribution au développement et au rayonnement de la Savoie.

 ACCLAME a participé au 1er festival Natur'enjeux organisé par la FNE Savoie le dimanche 3 octobre 2021 au Bourget du Lac. Parmi les nombreuses animations proposées, nous avons bien apprécié la conférence du CENS (Conservatoire des espaces naturels de la Savoie) assurée par Régis Dick et consacrée à l'état de la biodiversité dans les pays de Savoie. En voici l'essentiel que l'on peut retrouver sur le site du CENS :

 

PLAINE ET MONTAGNE

 

L’analyse des données de ce baromètre nécessite d’effectuer une distinction entre secteurs de plaine et secteurs de montagne, tant ce paramètre influence les résultats et leur analyse. La limite plaine/montagne a ainsi été calculée en se basant sur les modèles numériques de terrain (MNT). Cette donnée permet d’obtenir l’altitude mais aussi l’orientation et la pente du terrain. Écologiquement, des différences notables s’observent en fonction des versants (que nous pouvons appréhender avec l’exposition du terrain) : - les versants Sud (adrets) sont exposés au soleil et donc « plus favorables » ; - les versants Nord (ubacs) moins exposés ; - les versants intermédiaires, à l’Est et à l’Ouest. Notre analyse prend en compte cette différence  : l’étage montagnard débutera à 1000 m au Sud et à 700 m au Nord. Les fortes pentes (> 20 %) sont également classées en montagne.

 

L’OCCUPATION DES SOLS

 

Une naturalité croissante de bas en haut

 

Départements de montagne, les deux Savoie enregistrent une forte proportion de glaciers, moraines, roches nues, pelouses et landes d’altitude qui couvrent 37% du territoire. Vient ensuite la forêt (38%), dominée par les conifères sur sa moitié supérieure et par les feuillus en plaine. Les prairies (12%), les cultures (4,5 %), les milieux humides et aquatiques (1,5 %) viennent compléter nos paysages naturels. Quant aux milieux urbanisés, globalement limités à 7,5% des territoires, ils s’élèvent à plus de 20% sur les secteurs de plaine, soit un taux comparable à ceux de départements franciliens ! L’augmentation des surfaces artificialisées entre 2004 et 2016 est de 5600 ha à l’échelle des deux Savoie, dont 4150 ha en plaine. Pour fixer les idées, à l’échelle des Savoie, cela représente environ le double de la superficie du lac d’Annecy (2750 ha) qui a ainsi été urbanisée en 12 ans.

 

LES ESPACES PROTÉGÉS

 

Les étages mieux assurés que le rez-de-chaussée…

 

En matière d’espaces protégés, 29% de la superficie des Savoie bénéficie d’un régime de protection réglementaire ou contractuelle. Mais à nouveau, l’arbre de la montagne cache la forêt de la plaine ! En effet, la partie montagne est nettement mieux protégée que la partie plaine : plus de 80% des espaces protégés savoyards se situent en altitude. Si cette situation peut paraître satisfaisante à l’échelle nationale (c’est bien sur leurs montagnes que les Savoie sont attendues  !), elle interpelle au niveau local  : nos paysages, cadres de vie et notre biodiversité de plaine sont aujourd’hui très peu couverts par des protections réglementaires avec seulement 4000 ha sous protection réglementaire (1,3% du territoire de plaine). Une vulnérabilité préoccupante sachant que ce sont ces espaces de plaine qui subissent les plus fortes pressions… ( Espaces réglementaires : sites protégés où une réglementation s’applique. Relèvent de cette catégorie les cœurs de parcs nationaux, les réserves naturelles nationales et régionales, les arrêtés préfectoraux de protection de biotope, les réserves biologiques domaniales et les sites du Conservatoire du littoral. Espaces contractuels : sites où sont réunies toutes les conditions nécessaires à la préservation du patrimoine naturel, notamment au travers de contrats, sans qu’une réglementation s’applique nécessairement. Relèvent de cette catégorie les sites Natura 2000, les PNR, l’aire d’adhésion des parcs nationaux et les sites des Conservatoires naturels

 

LES MILIEUX NATURELS REMARQUABLES

 

Avec ou sans eau, votre régime nature ?

 

La surface de zones humides inventoriée est de 24230 ha, soit seulement 2,2% de la

superficie totale des Savoie. Situés majoritairement en plaine (56%), ces milieux ont subi de plein fouet l’urbanisation effrénée du sillon alpin, ainsi qu’une intensification des pratiques agricoles (drainage, monoculture intensive). Leur richesse biologique (flore des marais, papillons, libellules, amphibiens…) mais aussi les services qu’ils nous rendent (stockage d’eau, régulation des écoulements) leur valent une protection renforcée, ainsi que des efforts de préservation voire de restauration. Pour l’heure, si le rythme de la destruction décroît, celle-ci se poursuit néanmoins… À l’autre extrémité de la chaîne de l’humidité, les pelouses sèches recèlent également des trésors de biodiversité, avec une faune et une flore aux accents méditerranéens  : lézards, orchidées, criquets… Avec une surface inventoriée de près de 9000 ha, ces milieux ne bénéficient pas de protection réglementaire malgré des pressions importantes. Situés sur les adrets ensoleillés, ils subissent la concurrence de la viticulture, de l’urbanisation ou de l’enfrichement lié à la déprise agricole

 

L’ARTIFICIALISATION:

 

Aménagement des berges lacustres

 

Les Savoie abritent tout ou partie de quatre lacs d’origine glaciaire, qui constituent d’importants atouts touristiques mais également des hauts-lieux de biodiversité. Cette dernière se concentre notamment sur la frange littorale. Les berges «artificialisées» représentent les portions du rivage lacustre situées à moins de 100 m d’un aménagement (route, bâtiments, voies de chemin de fer…). À l’opposé, les berges «naturelles» accueillent une grande diversité biologique, faunistique et floristique. Elles assurent un grand nombre de fonctions écologiques ou hydrologiques : habitat, corridor, ombrage, épuration... Leur imperméabilisation, via l’artificialisation, favorise les risques de crue et accélère leur érosion. Le chiffre du baromètre représente ainsi le pourcentage du linéaire lacustre artificialisé sur le linéaire total de berges. La situation est à la fois stable, préoccupante et contrastée, avec une artificialisation atteignant 93% sur le lac Léman (partie française) où seulement 4 km de berges restent naturelles. En comparaison, le lac d’Aiguebelette compte 4,8 km de rivage naturel pour un linéaire total près de quatre fois moins étendu,

 

Fragmentation des espaces Un coup de canif dans le tricot du vivant !

 

Les milieux naturels sont de plus en plus fragmentés, c’est-à-dire entrecoupés d’infrastructures (routes, lignes électriques, voies de chemin de fer) et de bâtiments. De nombreuses espèces subissent l’impact de ce morcellement car elles perdent ainsi les connexions écologiques nécessaires à leurs déplacements, leur alimentation ou leur reproduction : la désormais fameuse trame verte et bleue. L’effet de cette fragmentation dépasse largement la stricte emprise au sol des infrastructures et bâtiments considérés. Ainsi, pour le baromètre, nous avons considéré que tout aménagement d’au moins 5 bâtiments et tout le réseau de transport (routes et chemins de fer) «dénaturaient» le paysage sur une distance de 250 m. Ainsi, près de la moitié de l’espace des deux Savoie (48%) se retrouve fragmenté (60% en Haute-Savoie et 40% en Savoie). Une fois encore, la distinction plaine/montagne est édifiante : en plaine, 85% du territoire est fragmenté… contre 35% en montagne.

Montagne

 

LES ESPÈCES EN DANGER

 

Dans la Nature, plus rien d’ordinaire !

 

Compte-tenu de la variété des milieux, des altitudes et des climats, les Savoie abritent une grande diversité animale et végétale. Néanmoins, la proportion d’espèces menacées, c’est-à-dire risquant de disparaître à court ou moyen terme, est extrêmement importante (plus de 50% des chauves-souris par exemple). Et lorsque la proportion d’espèces menacées est plus faible (par ex. pour la flore), cela concerne tout de même plus de 320 espèces dont certaines ne sont connues que dans les Savoie, comme l’Iris de Perrier… La cause principale réside dans la disparition ou fragmentation des milieux naturels auxquels ces espèces sont inféodées, en particulier les zones humides et les milieux agricoles traditionnels, ou encore de certains gîtes : gros arbres à cavités, vieux bâtiments, souches… Un autre facteur est lié aux pollutions chimiques et organiques qui déciment les populations d’insectes dont se nourrissent de nombreuses espèces (amphibiens, oiseaux, chauves-souris…). Et quand le gîte et le couvert viennent à manquer, ce ne sont pas uniquement les espèces patrimoniales qui trinquent. D’où l’idée de faire apparaitre dans le baromètre la catégorie des espèces quasi-menacées. Sorte «d’antichambre de la liste rouge», cette catégorie inclut certaines espèces autrefois considérées comme banales (moineau friquet, campagnol terrestre). En d’autres termes, il n’y a plus de «nature ordinaire» !

 

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

 

Des solutions fondées sur la nature

 

Le changement climatique est en cours et les Alpes sont en première ligne pour le constater. Ainsi, les températures moyennes ont augmenté de 2,1°C dans les Alpes du Nord entre 1900 et 2017, quasiment le double de la tendance mesurée au niveau mondial (+1,1°C). Les conséquences de ce changement climatique se retrouvent par exemple dans le suivi des glaciers des Alpes du Nord. Ainsi, de 1907 à 2016, le glacier de Gébroulaz (massif de la Vanoise) a perdu l’équivalent d’une lame d’eau de 30 m sur toute sa surface. La fonte s’accélère comme en témoigne le bilan de masse du glacier de Tré-laTête (massif du Mont-Blanc) entre 2014 et 2018 : perte de l’équivalent d’une lame d’eau de 6 m sur toute la surface, soit 10% du volume du glacier et la fonte du volume de plus de 12500 piscines olympiques. Face à ce changement climatique, la nature est tout à la fois victime et alliée. Victime car la rapidité des changements en cours bouleverse les écosystèmes, ne laisse que peu de temps à certaines espèces pour s’adapter et favorise au contraire la dispersion d’espèces exotiques envahissantes. Alliée car la résilience des écosystèmes et les services qu’ils fournissent, notamment dans le stockage des gaz à effet de serre, constituent un des meilleurs atouts dont disposent nos sociétés pour lutter contre le changement climatique ou s’adapter à ses effets. Ainsi, le concept récent de solutions fondées sur la nature (SFN) désigne les actions qui s’appuient sur les écosystèmes afin de relever les défis globaux comme la lutte contre les changements climatiques ou la gestion des risques naturels. Concrètement, il s’agit de préserver ou de restaurer des milieux naturels. La gestion des 9 Réserves naturelles nationales par le CEN Haute-Savoie / Asters ou encore les nombreux chantiers de restauration de milieux entrepris par les CEN Savoie et Haute-Savoie constituent des exemples concrets de solutions fondées sur la nature

 

LES ESPÈCES EXOTIQUES ENVAHISSANTES

 

Des surdouées à surveiller…

 

Les termes «invasives» ou «exotiques envahissantes» désignent des espèces allochtones, dont l’introduction, l’implantation ou la propagation par l’homme menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes. À l’échelle mondiale, cette problématique est considérée comme l’un des principaux facteurs d’érosion de la biodiversité, c’est moins le cas à l’échelle des Savoie, De plus, certaines espèces peuvent avoir des effets sur la santé humaine (berce géante du Caucase, ambroisie). Il peut s’agir d’espèces animales (écrevisse de Louisiane, tortue de Floride…) ou végétales (renouée du Japon, balsamine de l’Himalaya…) Dans les Savoie, les espèces exotiques envahissantes ont tendance à gagner progressivement en surface et à concurrencer des espèces locales en occupant leur «niche écologique» grâce à des capacités adaptatives très développées. Les nombreux aménagements et infrastructures réalisés dans le cadre du développement des activités économiques sont un facteur de risque de contamination et de propagation. Ils nécessitent aujourd’hui une vigilance accrue en matière de prévention comme de bonnes pratiques de chantier. Les techniques de lutte curative sont en constante évolution et font l’objet de tests (ex : compostage de la renouée). Elles sont néanmoins souvent coûteuses et d’efficacité variable. La priorité doit donc être donnée à la prévention ou à l’éradication de nouveaux foyers. Tout comme un bon système immunitaire protège le corps face aux agressions extérieures, la résilience des écosystèmes aux espèces invasives est fortement liée à leur bon état et à leur faible niveau de perturbation  : une espèce exotique comme le solidage ne prolifère pas dans une zone humide bien alimentée en eau…  

    Les obligations réelles environnementales (O.R.E.) sont un nouveau dispositif foncier qui permet à tout propriétaire d’un bien immobilier de mettre en place, s’il le souhaite, une protection environnementale attachée à son bien.

    Ce dispositif, reconnu par la loi et intégré dans le code de l’environnement, prend la forme d’un contrat, enregistré devant notaire et dispensé de l’essentiel des taxes et frais généralement requis, librement consenti entre le propriétaire d’un bien avec un ou plusieurs co-contractants (qui peuvent être une collectivité publique, un établissement public ou une personne morale agissant pour la protection de l’environnement).

    Le contenu de ce contrat est souple pour pouvoir s’adapter à des situations diverses, mais il doit avoir pour finalité le maintien, la conservation, la gestion ou la restauration d’éléments concourant à la biodiversité (arbres, groupes d’arbres, forêts, haies, lacs, mares, cours d’eau, spécimens de faune et de flore diverses, prairies, pelouses, cultures favorables au maintien de certaines espèces, éléments bâtis pouvant servir de refuge à certaines espèces,…) et de fonctions écologiques (processus permettant de faire fonctionner un écosystème comme l’auto-épuration de l’eau, la rétention de l’eau, le piégeage des particules, les échanges gazeux, la décomposition de la matière organique, les processus de sédimentation,…).

     C’est ainsi qu’un propriétaire peut s’engager à faire certaines actions (par exemple, replanter des haies, rouvrir un terrain clôturé, restaurer une mare, reconstituer des sols, créer un jardin de pluie, créer un îlot de vieillissement de parties boisées pouvant servir d’habitat à certains insectes ou à l’avifaune,…) ou au contraire à ne pas faire certaines actions (par exemple, ne pas artificialiser un terrain, ne pas détruire des murets en pierre, des souches, des nids, ne pas exhausser, affouiller, drainer une zone humide, ne pas employer de produits phytopharmaceutiques, ni de polluants potentiels,…).

    De leur côté, le ou les cocontractants peuvent s’engager à fournir un conseil (par exemple fournir un inventaire des éléments de biodiversité, faire connaître les enjeux environnementaux associés au bien immobilier,...) et une assistance technique (pour la mise en place des actions décidées en commun) ou financière (par exemple, une commune peut décider d’exonérer de taxe foncière sur les propriétés non bâties les propriétaires ayant conclu une O.R.E.). Les co-contractants peuvent même avoir l’initiative du contrat. La durée des O.R.E., ainsi que les conditions de leur résiliation, sont fixées librement par les parties.

 

 

Projet de loi contre le dérèglement climatique et pour le renforcement de la résilience face à ses effets

 

A l’occasion de la discussion au Parlement du projet de loi contre le dérèglement climatique et pour le renforcement de la résilience face à ses effets, Acclame a écrit à Madame Typhanie Degois, députée de la Savoie, pour connaître son avis et son engagement sur des points qui nous paraissent importants pour avancer résolument dans la voie de la transition écologique. Voici ses réponses :

 

- concernant une date butoir de l’arrêt de l’artificialisation des sols :

 

«Le texte de loi prévoit un objectif d’absence d’artificialisation nette des sols en 2050 et de réduction d’ici 10 ans de cette artificialisation dans le but de protéger la biodiversité. Cette mesure me semble équilibrée et nécessaire. »

 

- concernant la protection des forêts :

 

« Celle-ci est essentielle pour lutter contre le réchauffement climatique, puisque ces espaces contribuent à l’élimination du CO2 produit par l’action humaine. Il me paraît donc important d’inclure cet enjeu dans le projet de loi, c’est pourquoi j’ai déposé un amendement visant à autoriser le défrichement d’une zone pour la réalisation d’un projet immobilier, uniquement si aucun espace défriché n’est disponible. L’adoption d’une telle mesure permettrait de protéger les espaces naturels de l’urbanisation. »

 

- concernant un moratoire sur l’installation des entrepôts du e-commerce :

 

«  Il est important de rappeler que les entrepôts logistiques et de e-commerce ne représentent que 0,5 % de l’artificialisation des sols de notre pays. Par ailleurs, l’installation d’entrepôts au-delà de nos frontières augmenterait considérablement le trafic de camions, ce qui aurait un effet indésirable sur les émissions de CO2 et donc le réchauffement climatique. Si leur installation doit être strictement encadrée, je suis opposée à la mise en place d’un moratoire sur les entrepôts du e-commerce, mais en faveur d’un soutien renforcé auprès des commerces de proximité qui font vivre nos centres-bourgs ».

 

- concernant la fin des avantages fiscaux pour le transport routier des marchandises :

 

« Le projet de loi prévoit de limiter les avantages fiscaux sur le transport routier des marchandises. Augmenter la fiscalité en France sans tenir compte des différentiels de fiscalité sur le gazole en Europe handicaperait les entreprises françaises déjà lourdement concurrencées et fragilisées, non seulement dans leurs transports internationaux mais également nationaux. Pour limiter le transport routier de marchandises, il convient avant tout de développer le fret ferroviaire, c’est pourquoi je défends le chantier du Lyon-Turin."

 

-concernant un grand plan de sensibilisation à l’environnement et à la nature :

 

« Il est essentiel de renforcer l’éducation à l’environnement dans les programmes scolaires. A cet effet, j’ai co-signé un amendement visant à éduquer dès le plus jeune âge les enfants au respect de environnement et au développement durable. »

 

- concernant l’obligation de rénovation thermique des bâtiments qui le nécessitent :

 

« Le texte prévoit de limiter les possibilités de location de biens immobiliers lorsqu’ils possèdent de mauvaises performances énergétiques. L’objectif est d’inciter les propriétaires à réaliser des travaux de rénovation thermique de leurs biens. Ces mesures comportent le risque de restreindre le droit de propriété, c’est pourquoi je suis attentive à maintenir des mesures avant tout incitatives. »

 

- concernant un objectif de baisse de consommation de protéines animales :

 

« Il me paraît important de diversifier les protéines dans l’alimentation, dans le but d’accélérer la transition écologique et de renforcer la qualité des produits d’origine animale. Lors de l’examen du projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, adopté en 2018, j’ai co-signé l’amendement à l’origine de l’expérimentation d’un menu végétarien une fois par semaine dans la restauration scolaire publique et privée. Je soutiens toujours la nécessité de diversification des protéines dans la restauration collective en s’appuyant sur les élus locaux et leur connaissance du territoire avant de mettre en place des mesures plus contraignantes. »

 

- concernant la création d’un délit de mise en danger de l’environnement :

 

« Le texte constitue une avancée non négligeable pour notre droit et la protection de la biodiversité . Je serai mobilisée pour le maintien de l’équilibre entre la répression des atteintes à l’environnement et la nécessaire sécurité juridique que l’on doit assurer dans l’objectif de maintenir une industrie compétitive et responsable dans nos territoires. »

LE PRINTEMPS DES ARBRES 

 

 

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     Le 21 mars, c’est la journée internationale des forêts. Nathalie de Noblet,, l’une des coordinatrices du rapport du GIEC, nous avertit : « La planète entière est en surchauffe, il faut d’urgence se mettre à l’omb re des arbres. » De son côté, Benoît Hartenstein, fondateur de l’association de défense des droits des végétaux, affirme que « les arbres constituent un bien commun d’intérêt général » et nous invite à changer notre regard sur eux. Les arbres sont vivants, ce ne sont pas de simples poteaux, mais ils communiquent entre eux, font société et sont source de tant de bienfaits : un arbre agit comme un filtre contre la pollution (un arbre de 5m³ absorbe au cours de sa vie 5 tonnes de CO2, soit 5 vols A/R Paris-New-York) ; les forêts sont le 2ème puits de carbone après les océans ; en France, les forêts absorbent 19 % des émissions de gaz à effet de serre). Grâce à leur partie aérienne comme à leur partie souterraine, les arbres limitent l’érosion des sols, favorisent l’infiltration des eaux, consolident les sols. Ils protègent également la biodiversité en fournissant refuge et nourriture à de nombreuses espèces animales, des insectes aux oiseaux en passant par les mammifères rongeurs. En milieu urbain, ils régulent la température. Selon la récente déclaration des droits de l’arbre, proclamée par l’association A.R.B.R.E.S, l’arbre est un être vivant sensible qui a droit au respect de son intégrité physique, aérienne et souterraine. Il faudrait donc pouvoir assurer les conditions de sa protection lors des mutations foncières ou de travaux dans sa proximité, et pourquoi pas créer un statut d’élu référent Arbres dans chaque intercommunalité ?

 

     A Brison-Saint-Innocent, le Conservatoire du Littoral est propriétaire de la ferme Gigot, espace en grande partie boisée qui présente « un potentiel élevé avéré ». Mais il convient d’anticiper les conséquences du changement climatique pour assurer la résilience de cette zone forestière. Aussi le dernier comité de gestion a-t-il décidé d’un suivi de son état sanitaire (surveillance du dépérissement de certains arbres comme les châtaigniers ou de la repousse des buis attaqués par la pyrale).Il est prévu également de poursuivre l’inventaire des arbres remarquables et à cavités : mieux connaître pour mieux protéger, ce qui nécessite la sensibilisation de la population par l’intermédiaire de panneaux de présentation sur site, de sorties-découvertes comme celles organisées par la FNE Savoie ou de projets pédagogiques comme celui de l’école de Brison-Saint-Innocent.

Lors de la campagne des dernières municipales, il a été question de planter plusieurs centaines d’arbres sur la commune de Brison-Saint-Innocent. Ce qu’Acclame ne peut manquer de soutenir, à condition de planter à bon escient : à quel endroit ? Quelles espèces choisir pour climatiser, dépolluer, favoriser la biodiversité, en tenant compte des aléas climatiques (sécheresse, inondations) ? La végétalisation de l’emplacement de l’ancienne ferme Pégaz au centre de Saint-Innocent sera un bon test à cet égard.

 

 

      Pour l'arrivée du printemps, un de nos adhérents nous adresse ce message du chef indien Siiting Bull :

"Regardez, mes frères, le printemps est revenu. La terre a reçu les baisers du soleil, et bientôt nous verrons les fruits de cet amour ! Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie. C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons aussi notre existence. C'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu'à nous d'habiter cette terre."

LA FERME GIGOT : UN SITE REMARQUABLE

 

      Sur les hauteurs de Saint-Innocent, à 600 mètres d'altitude, se trouve le site de la ferme Gigot. Ses 55 ha sont recouverts d'une forêt de feuillus, ponctuée de 3 ha de prairies. Comme son nom l'indique, il s'agit à l'origine d'une exploitation agricole qui appartenait à la fin du XVIIIème siècle à Léonard Gigot de Villefaigne, propriétaire du château de Saint-Innocent. Longtemps, les cultures y furent diversifiées (froment, seigle, avoine, pomme de terre) et associées à l'élevage. A partir des années 1950, le pâturage bovin devint dominant. Subsiste actuellement le corps principal de ferme, mais il est volontairemet laissé à l'abandon et inaccessible au public. En 1784 fut créée la promenade du Gigot qui partait des rives du lac pour arriver sur le site de la ferme. D'illustres personnages l'empruntèrent : Lamartine, Napoléon III ou encore l'impératrice Sissi.

     Facilement accessible par de multiples sentiers, le site présente un réel intérêt touristique par les points de vue qu'il propose sur le lac du Bourget et les massifs environnants. D'un point de vue écologique, il assure une fonction essentielle pour la préservation de la biodiversité. En effet, d'une part, il constitue un refuge pour de très nombreuses espèces, dont le muscardin, petit rongeur arboricole, le lynx boréal ou encore le sanglier, le chat forestier, les chauves-souris, les pics et rapaces nocturnes. D'autre part, il occupe une position stratégique en faisant office de corridor biologique, aussi bien du nord au sud (Jura-Chambotte) que d'ouest en est (Chambotte-Bauges), permettant ainsi les déplacements nécessaires à certaines espèces.

      Le Conservatoire du Littoral, qui est propriétaire du site depuis 2015, en a confié la gestion au Conservatoire des Espaces Naturels de Savoie en lien avec les collectivités et associations locales, dont ACCLAME qui participe aux réunions annuelles du comité de gestion. Celui-ci se donne pour tâche de préserver l'existence d'une faune rare, de valoriser et sécuriser le site, de conserver l'équilibre des habitats forestiers, de restaurer les prairies, de concilier la chasse avec les enjeux du site et de limiter les risques de pollution dans la zone d'infiltration de la nappe phréatique (le site se trouve en effe sur le périmètre de l'impluvium de la Société des Eaux d'Aix-les-Bains qui produit de l'eau  en bouteille destinée à la consommation).

 

PRÉSERVER L’ESPRIT DU LIEU

 

Premiers résultats de l’enquête sur l’avenir du lac du Bourget

 

      Grand Lac et le CISALB viennent de présenter un premier aperçu de l’enquête sur l’avenir du lac du Bourget dans les dix prochaines années, enquête qui s’est appuyée sur 23 entretiens avec des associations et des professionnels intéressés ou concernés par cet avenir, ainsi que sur 2526 réponses du grand public. Il en ressort qu’il faut avant tout « préserver l’esprit du lieu » alors que le site est de plus en plus fréquenté. D’une manière générale, les résultats de l’enquête rejoignent en grande partie les analyses et les préoccupations d’ACCLAME. 

 

     Avant une synthèse complète qui sera communiquée au 1er trimestre 2021, voici quelques-uns des points qui nous paraissent importants : 

  

    - concerrnant les activités de loisir, l’enjeu est triple : faire évoluer les modes de navigation en privilégiant les énergies douces et propres, sensibiliser les usagers au milieu naturel et à la diversité des pratiques, avoir une réglementation sécurisante, connue de tous et réellement appliquée

 

    - concernant les professionnels intervenant sur le lac et ses abords :   le défi est que leur activité permette de sécuriser la qualité de l'eau (lutte contre les pollutions de toute sorte), assure la préservation des milieux naturels (protection des roselières et de la biodiversité des rives) et développe le travail partenarial (en faisant remonter les informations sur l'état du lac, en communiquant sur les actions menées)

 

    - concernant l'accès au lac : la moitié des usagers accède au lac en voiture, d'où une saturation à la haute saison. L'accès au lac (par la route ou des cheminements piétonniers) ne doit pas nuire aux milieux naturels et elle doit s'appuyer sur les mobilités douces (en particulier le vélo). Il faut développer les transports en commun (bus, navette lacustre, train), éloigner autant que possible la circulation routière et le stationnement des rives du lac (en créant des parkings-relais temporaires ou permanents, reliés au lac par des navettes)

 

     - concernant la gouvernance : il faut renforcer le tôle et la coopération entre les instances actuelles : comité de lac (qui regroupe les élus), comité des usagers et comité technique (qui a la charge de la faisabilité des projets)

 

OCTOBRE 2020 :  Histoires d'eaux et de panneaux

 

 

L’ enquête publique concernant un forage d’eau potable à Brison-les-Oliviers, à laquelle Acclame a participé, met en évidence les problèmes liés à la consommation de l’eau. L’eau douce va devenir une ressource précieuse et limitée, tant pour sa consommation domestique (alimentation, nettoyage) que pour son utilisation agricole ou industrielle. Il convient donc d’être économe et d’éviter le gaspillage. Mais le problème n’est pas seulement quantitatif, il est aussi qualitatif. Certes la qualité de l’eau potable doit être irréprochable, mais les utilisations majoritaires de l’eau, dans la sphère domestique, agricole ou industrielle, n’exigent pas que celle-ci soit potable (seuls 10 % d’eau potable par rapport à la quantité totale d’eau consommée suffiraient). On pourrait donc envisager une distribution séparée selon la qualité de l’eau en fonction de son utilisation. D’ailleurs cette distinction est déjà à l’œuvre quand on récupère les eaux de pluie pour son propre compte.

 

 

 

 

 

Acclame a pris connaissance du projet de centrale villageoise porté par Grand Lac. Il s’agit d’encourager la production locale d’électricité renouvelable par la pose de panneaux photovoltaïques. Le projet peut paraître séduisant, mais il doit prendre en compte le caractère discontinu de cette production, son faible rendement et surtout l’impossibilité actuelle de recycler les panneaux usagés. Il convient certes d’encourager la production des énergies renouvelables, comme par exemple la production hydraulique d’électricité, mais sans en méconnaître les inconvénients. D’une manière générale, c’est une illusion de penser que les solutions aux problèmes que pose l’écologie, sont uniquement d’ordre technique. Toute innovation technologique a ses inconvénients (qu’on essaiera de pallier par de nouvelles inventions qui auront à leur tour des inconvénients…). D’une manière générale, une confiance aveugle dans le progrès technique nous empêche de nous interroger sur le sens et la valeur de ce que nous désirons , entraînés par cette idée sous-jacente que, puisque cela devient possible, pourquoi nous en priverions-nous ?

 

 

A lire et à voir :

 l'article concernant le lac du Bourget et Acclame du 16 aout 2020 sur le blog: ecolosdesalpages.wordpress.com

ASSEMBLEE  GENERALE  DU  26  SEPTEMBRE  2020

 

 

L'assemblée générale annuelle de l'association s'est tenue le samedi 26 septembre 2020 sur les bords du Canal de Savières. C'est devant une vingtaine d'adhérents qui avaient bravé les difficiles conditions atmosphériques et sanitaires que le président a présenté les différents rapports  concernant l'année écoulée, lesquels ont été adoptés à l'unanimité. L'assemblée générale a également reconduit les 11 membres du conseil d'administration qui se réunira le 10 octobre pour élire le bureau. 

 

 

 

 

 

 

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 2020 - RAPPORT MORAL

 

Pour ouvrir notre assemblée générale de 2020, je voudrais vous remercier très sincèrement, vous adhérents et sympathisants d’ACCLAME, de vous être déplacés malgré des conditions qui ne favorisent pas les rassemblements. Nous n’oublions pas les personnes qui, pour toutes sortes de raisons, n’ont pas pu être présentes ce matin parmi nous. Nous avons une pensée pour eux, tout spécialement pour nos parrains, Claude Lorius et Gilles Clément, et pour ceux qui nous ont quittés ces derniers temps.

Par votre présence, vous manifestez votre soutien au combat que nous menons depuis presque 20 années pour sensibiliser la population à la préservation notre environnement naturel et historique, pour améliorer et promouvoir l’excellence de sa gestion et de ses aménagements, comme le signifie le nom de notre association : Amis de la Chautagne, du Canal et du Lac, Associés pour Meilleur Environnement. Ce combat, dont le rapport d’activité présente différentes facettes, nous le menons dans un esprit de bienveillance, mais avec détermination, sans oublier une dose indispensable d’humour et de confiance en l’avenir.

ACCLAME ne sollicite et ne reçoit aucune subvention pour garder une totale liberté de parole et d’action. L’association ne vit que par l’engagement de ses membres, qui peut revêtir plusieurs formes : soutien financier par le paiement de la cotisation, participation aux actions décidées par le CA, propositions de réflexions et d’actions sur des thèmes qui vous paraissent importants, participation aux réunions du CA. Tout cela suppose que l’information circule au sein de l’association, par l’envoi de lettres régulières adressées aux adhérents, par la consultation de son site et de sa page Facebook.

 

Nous avons la chance d’habiter une belle région : ces lieux, ces paysages, nous les devons à ceux qui nous ont précédés. Qu’allons-nous transmettre à ceux qui nous suivront ? Puisse cette petite région de Savoie à laquelle nous sommes attachés devenir par notre action commune et persévérante un endroit où nous pourrons mener une vie plus belle, plus intense, plus apaisée, plus fraternelle. Soyons acteurs avant qu’il ne soit trop tard !

 

 

 

 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 2020 - RAPPORT D’ACTIVITÉ

 

L’activité de l’association a été grandement perturbée par le confinement dû à la crise sanitaire. Néanmoins, le CA a pu se réunir 4 fois depuis la dernière assemblée générale en novembre 2019. Nous avons envoyé 5 courriers : au Dauphiné, aux candidats aux municipales, à la DREAL, à Grand Lac (recours gracieux concernant le classement de la zone du Clos Fleury à Aix-les-Bains) et à la mairie de Brison-Saint-Innocent. Nous avons eu des entretiens avec Mr Chevalier, candidat aux municipales à Brison-Saint-Innocent, avec la municipalité de Brison-Saint-Innocent et avec le bureau d’études AGATE. Nous avons participé au comité de gestion de la ferme Gigot le 10 décembre 2019 , au forum des associations de Brison-Saint-Innocent le 4 septembre 2020, aux ateliers organisés par Grand Lac sur l’avenir du lac à Ruffieux le 21 septembre 2020.

Concernant les municipales, nous avons donc transmis aux candidats d’Aix-les-Bains et de Brison-Saint-Innocent, les propositions sélectionnées par les adhérents dans la liste établie par le Pacte pour la transition écologique (rédigé par plusieurs dizaines d’associations au niveau national) :

- protection du patrimoine naturel en favorisant l’installation de filières paysannes (bio et locales) rémunératrices pour les agriculteurs et les maraîchers

- protection de la ressource en eau

- préservation des trames vertes (couvert végétal), bleues (cycle de l’eau), brunes (qualité des sols), noires (limiter l’éclairage nocturne) pour redonner toute sa place au vivant sur le territoire

- mettre fin aux projets et infrastructures qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre et font reculer la biodiversité

- soutenir les rénovations à haute efficacité énergétique en accompagnant les ménages en situation de précarité  énergétique

- renforcer l’offre, l’accès et l’attractivité des transports en commun

- donner la priorité aux mobilités actives (marche, vélo)

Dans notre contribution à l’enquête sur l’avenir du lac à l’horizon 2030, nous avons développé notre vision du lac : il se présente d’abord comme une étendue d’eau que l’on peut exploiter de diverses manières (comme une ressource en eau et en énergie,  et comme un support d’activités nautiques et touristiques), mais c’est aussi un formidable réservoir de biodiversité (faune aérienne, terrestre, aquatique, flore) et un site remarquable qui conserve un aspect sauvage et romantique pouvant contribuer à une expérience renouvelée de notre rapport à la nature. Et il nous faut alors être vigilants sur la qualité de l’eau (menacée par différentes pollutions), sur la détérioration des berges (particulièrement sur le canal), sur le contrôle des niveaux de l’eau, sur les activités nautiques (bannir les moteurs thermiques, favoriser les activités douces) et sur les aménagements des rives (qui ne doivent pas porter atteinte à la richesse des écosystèmes).

Certains des dossiers que nous avons suivis, n’ont pas eu la conclusion que nous souhaitions : la ferme Pégaz au centre de Saint-Innocent ne sera pas restaurée mais détruite (nous demandons à ce que l’on garde la mémoire du lieu et que l’endroit soit végétalisé) ; notre recours gracieux contre le classement de la zone des Bords du lac à Aix-les-Bains a été rejeté, le juge ayant estimé qu’il n’y avait pas d’erreur manifeste d’appréciation. Quant à la prolongation du sentier Au fil de l’eau, que nous n’avions pas demandée (le règlement de la fréquentation du premier tronçon n’étant pas toujours appliqué), nous soutenons néanmoins le tracé le long de la voie de chemin de fer dans l’étang de Quisard qui semble le moins impactant. Cette prolongation aura également le mérite d’aménager la zone des Bauches en ouvrant le Bachet à l’air libre.

 

 

 

Bonne et heureuse année à vous tous et à ceux qui vous sont chers !

 

Nous pouvons contribuer à ce que cette année 2020 soit bonne et heureuse en prenant soin de nous, de nos relations, de notre environnement, en décidant d’adopter des « gestes verts » dont notre enquête sur le cadre de vie de mars dernier donnait de nombreux exemples (pour le jardin, récupérer l’eau de pluie pour arroser, refuser les herbicides,.. ; pour la maison, modérer sa consommation d’électricité, son chauffage, diminuer la production de déchets,… ; pour les déplacements, favoriser le vélo ou à la marche, mieux organiser ses déplacements en voiture,…). Certes tous ces gestes ne sont pas suffisants pour lutter contre le réchauffement climatique, la perte de biodiversité, la dégradation de la qualité de l’air et de l’eau. Les problèmes écologiques ne peuvent se résoudre qu’à l’échelle collective et politique, et notre enquête montrait bien que les pouvoirs publics doivent prendre des mesures d’interdiction, de facilitation, d’incitation, dont le bien-fondé doit être vérifié par un débat démocratique. Mais il reste nécessaire que chacun ajuste sa manière de voir et de se comporter en fonction des enjeux écologiques. Cette conversion individuelle de notre mode de vie peut avoir une valeur d’exemplarité en montrant concrètement les avantages de la sobriété et de la modération. Enfin tous ces gestes verts nous redonnent le sens de notre dignité en montrant que nous sommes capables de nous conduire de manière responsable.

 

Alors, ensemble, à l’échelle qui est la nôtre, nous pouvons, avec bienveillance et détermination, faire que cette année soit bonne !

 

 

 

 

 

Synthèse des réponses à l'enquête sur notre cadre vie 

 

L’eau, indispensable à la vie, essentielle à la santé.

 

La principale préoccupation exprimée (77%) concerne la qualité de l’eau et le risque de pollution due à l’agriculture, aux traitements de l’eau insuffisants , à la circulation automobile.

D’une manière générale, il ressort des réponses qu’il vaut mieux protéger la ressource en eau plutôt que de la traiter (les traitements ne peuvent pas éliminer tous les rejets toxiques). Il est demandé :

- de faire des analyses complètes de l’eau,

- de développer les filtres verts dans les jardins,

- de privilégier une agriculture raisonnée qui évite de polluer tout en économisant l’eau.

Cela conduit à refuser les herbicides (75%) et à utiliser des produits nettoyants biodégradables (69%).

 

Autre grande préoccupation : la quantité de l’eau mise à notre disposition. Si le risque de pénurie n’apparaît pas le plus important (51%), il faut tout de même éviter le gaspillage (67%)

- en récupérant l’eau de pluie pour les arrosages et certains usages domestiques (81%),

- en économisant la consommation tant à l’intérieur des habitations (douches, programmes économiques : 74%) qu’à l’extérieur (lavage des voitures, arrosages : 59%), ce que l’on peut obtenir par une tarification progressive (58%),

- en privilégiant pour les espaces verts et le fleurissement des plantations résistant à la sécheresse (71%) avec une végétation adaptée au climat de la région et des espèces indigènes.

Il convient de réduire les fuites chez soi (70%) et dans le réseau de distribution (74%), donc bien choisir le gestionnaire de ce réseau qui peut être Grand Lac lui-même (64%).

Enfin il convient de limiter l’imperméabilisation des sols pour favoriser l’infiltration des eaux de pluie et conserver des sols vivants, en privilégiant les revêtements perméables (63%) pour les rues, les parkings publics et privés, les terrasses, et de favoriser le ruissellement des eaux pluviales à l’air libre (53%).

 

Une ville et des villages où il fait bon vivre.

 

Concernant l’urbanisme, la principale préoccupation concerne la densification de l’habitat (70%) avec le manque d’espaces verts (60%) et de places de parking (53%). Il faut donc éviter d’abattre trop d’arbres (52%) et replanter le même nombre (ou plus), respecter (dans les anciens quartiers) et imposer (dans les nouveaux) un minimum d’espaces naturels : parcs, trottoirs jardinés et ombragés (64%), et même créer des lieux de rencontre et de convivialité (50%).

 

Concernant l’habitat lui-même, il faut favoriser une architecture esthétique qui respecte l’intimité de chacun (65%) et qui soit économe en énergie (71%), d’où la demande d’aides (financières et techniques) pour l’isolation des bâtiments (66%) et l’appel aux énergies renouvelables (64%), par exemple en équipant les toits en panneaux solaires.

 

Il vaut mieux rénover plutôt que bétonner (par exemple en favorisant la réfection des façades). Dans le PLUi, il faut inscrire un droit à la lumière et réduire l’exposition aux divers rayonnements électromagnétiques.

 

Enfin il faut veiller à ce que chacun entretienne son lieu et que soient réellement sanctionnées les incivilités. Dans cette perspective, une autre demande apparaît : faire respecter le tri des déchets dans les immeubles et les quartiers (66%), en y incitant et en vérifiant. Il vaudrait d’ailleurs mieux réduire la production de déchets (66%) et chercher à les valoriser (compostage public par exemple). Dernière remarque : la pollution lumineuse est gênante, inutile et coûteuse (57%).

 

Des déplacements doux, des transports pratiques et respectueux de l’environnement :

 

Le problème majeur est celui d’une utilisation excessive de la voiture (91%), surtout avec un seul occupant, qui entraîne des embouteillages et des des difficultés à se garer mais qui est pourtant nécessaire parce qu’il n’y a pas d’alternative à cause de la distance et des horaires des déplacements contraints (pour le travail mais aussi par manque de services et de commerces de proximité : 86%). On note que les déplacements à vélo, pourtant plébiscités (95%), s’effectuent souvent dans des conditions dangereuses (81%).

 

Les solutions envisagées sont :

- la création et l’entretien de voies piétonnes et cyclables végétalisées (93%),

- la densification des transports en commun (pas forcément avec de grands cars) : 83 %, par des rotations régulières de minibus et de navettes,

- le rétablissement des petites gares entre Culoz et Chambéry, des trains plus fréquents sur les axes Aix-Seyssel, Aix-Chambéry, Aix-Annecy (et donc des parkings plus accessibles près des gares),

- le développement du covoiturage (74%) à condition qu’il soit fiable, sécurisé et clairement indiqué, et du transport à la demande (74%) avec un système moins dissuasif que l’actuel.

Autre demande : éliminer les véhicules les plus polluants (78%) à commencer par le diesel avec des aides en conséquence et les véhicules trop sonores.

 

 

 

 

 

 

 

 

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